chambres d'hotes chateau de la verdiere  
 
 
 
   
 

Voici une histoire exemplaire de sauvegarde du patrimoine, celle de la restauration du Château de la Verdière, le plus grand château privé de Provence.

Avec ses 365 portes et fenêtres, ses bâtiments de 5000 m2, cet ensemble (édifice et parc) classé Monument Historique en totalité, était promis à la ruine, après onze siècles d’histoire, s’il n’avait été sauvé en 2003 par son actuel propriétaire.

Le château de La Verdière doit sa configuration actuelle aux embellissements réalisés par Louis-Roch de Forbin lorsqu’il vint s’y installer en 1756 et qu’il transforma la demeure de ses aïeux aux origines millénaires en une gigantesque bâtisse susceptible d’abriter ses splendides collections pour lesquelles il réalisa cet écrin, un chef d’œuvre de la décoration intérieure provençale.
Au cours du dernier demi siècle pendant lequel le château appartenait encore à cette illustre famille, la sonnette d’alarme fut tirée à plusieurs reprises pour appeler l’attention des services de l’Etat en charge des Monuments Historiques afin de leur faire part du délabrement dans lequel était cet édifice dont l’inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques datait de 1946.

Après plusieurs vols et partages successoraux, le dernier Marquis de Forbin céda le château en 1985, à des antiquaires aixois peu scrupuleux qui achevèrent de le dépecer en vendant les quelques dernières grandes toiles qui ornaient la grande galerie, la plupart des papiers peints d’origine, les poêles en faïence et même certaines cheminées !... et ce malgré le classement Monument Historique décrété en 1986.

Le château fut rapidement revendu à un autre antiquaire qui tenta d’y faire quelques travaux, malheureusement inappropriés et qui contribuèrent finalement à en accélérer la ruine.
En effet, les façades furent cimentées et peintes en rose, les échauguettes effondrées furent remplacées par des buses d’égout d’un diamètre presque similaire faisant ainsi illusion… Si quelques travaux de consolidation de toiture furent réalisés, il ne s’agissait que « d’emplâtre sur une jambe de bois ».

Les splendides décors de gypseries gorgés d’humidité se délitaient irrémédiablement. Par ailleurs, des campagnes de peintures anarchiques ayant plus l’objet de « cache misère » que de véritable restauration, contribuèrent à empâter ces gypseries et couvrirent les décors en trompe l’œil de l’escalier d’honneur ainsi que les peintures murales de la salle des blasons.
 








 

Frédéric Champavère garde un souvenir terrifiant de sa première visite, un jour pluvieux de l’automne 2002 : l’escalier d’honneur était un torrent et l’entrée du château une mare ; l’eau pénétrait de toutes parts, les gouttières étaient innombrables et une grande partie de cette première journée fut consacrée à tenter de colmater ces brèches en posant des bâches et des étais.

Des cloisons et des plafonds étaient effondrées, des tommettes « soufflées » laissaient pousser l’herbe à l’étage des salons d’apparat, certaines gypseries étaient en état de décomposition avancée et en passe de totalement disparaitre.
Le château de La Verdière qui gémissait en appelant au secours était habité seulement par une centaine de pigeons dont la fiente contribuait aux dégâts !

La première campagne de travaux engagée dès 2003 dura cinq années et permit de mettre le château définitivement hors d’eau et hors d’air.

Une grue fut installée et le château entouré de plus de 1000m2 d’échafaudages afin de restaurer en urgence les charpentes et la couverture. Les façades récemment cimentées furent décroutées afin de restituer les enduits à la chaux marqués au fer pour donner l’aspect de fausses pierres dont le château était doté à l’origine et les échauguettes furent reconstruites en briques. Enfin, les portes, fenêtres et volets dont l’immense majorité était irrécupérable furent changés et retrouvèrent leur couleur sang de bœuf d’origine telle que validée par les services de la DRAC appelés en renfort pour leur précieux conseils. Cinq années de travaux titanesques qui sauvèrent le château d’une ruine certaine et annoncée.

Puis, une première campagne de travaux intérieurs permit d’ouvrir le premier étage du château, celui des salons d’apparat et de faire découvrir au public, lors des ouvertures annuelles, certaines de ces fameuses gypseries restaurées.
 
             
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